~ Une chance sur mille ~

~ Une chance sur mille ~
Max s'était levé, d'un pas assuré, négligeant les mises en garde murmurées à son égard.
Cela faisait plusieurs heures qu'il était assis là, obtempérant sans broncher aux injonctions mais il en avait plus qu'assez.
Des heures passées à attendre que quelqu'un daigne prendre la situation en main, que quelqu'un en ait le cran. Mais rien... Les mégaphones de la Police avaient beau résonner dehors, la situation n'avait pas évolué le moins du monde.


Lorsque Romain était entré en classe ce matin-là, le visage encore plus fermé qu'à l'habitude, rien ne laissait présager ce qui se déroulait maintenant sous les yeux de tous. Ce n'est qu'après un commentaire qu'il jugea déplacé de la prof de math qu'il avait ouvert la bouche pour cracher un « Je n'en ai rien foutre » venimeux. Celle-ci, outrée, lui avait ordonné de quitter sa classe et l'étudiant s'était levé... Il avait alors sorti de sa poche un Desert Eagle dont Max se demandait encore où il avait pu le dégoter. Il l'avait pointé en direction de Meyer, avait pris le temps de viser en profitant de la stupeur qui avait figé celle-ci et avait fait feu. Un seul et unique claquement suivit du bruit encore inconnu du corps qui s'écroule.


Max s'avança lentement. Il enjamba le corps sans vie de Chris, l'un de ses compagnons de classe, qui gisait sur le sol, le visage ensanglanté, la partie la plus intime de son anatomie détruite d'une rasade méritée de balles de 9mm. Il n'éprouva là que dégoût... C'était un connard, un foutu connard qui n'avait que ce qu'il méritait.

Max écarta une chaise qui se trouvait sur son passage, sans ménagement. Romain se retourna alors et plongea son regard suppliant dans celui du jeune garçon.

« Assieds-toi, Max.. Assieds-toi ou je serai obligé de... »

Il n'acheva pas sa phrase.

Déterminé, Max continua à avancer.
Romain était son ami, et ce depuis de longues années. Certes, il était mal dans sa peau mais c'était un bon gars. Il n'y avait qu'une chance sur mille pour qu'il presse la détente... Une chance, infime, sur mille...

Un pas de plus et il pourrait tendre la main à son ami...
Mais lorsqu'il entendit le déclic discret de la détente, Max comprit... Il comprit qu'une chance sur mille, c'était une chance de trop... et n'entendit pas cette fois le bruit sourd qu'il ne connaissait que trop bien depuis ce jour.

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# Posté le mardi 14 avril 2009 10:39

~ Mort programmée ~

~ Mort programmée ~
Cela faisait maintenant des heures qu'elle était assise, immobile, ses jambes dont elle ne sentait pas la douleur repliées sous elle, ses jambes ankylosées qui s'oubliaient dans la situation.
Son c½ur, qui battait la chamade, s'était enfin apaisé, comme ses pleurs qui la défiguraient, emmenant dans des torrents noirâtres le rimmel qu'elle avait appliqué délicatement sur ses yeux pour cette journée qui s'annonçait belle pourtant.

Elle s'était levée ce matin, le c½ur léger...
Avait enfilé une paire de jeans agrémentés d'un polo noir, simple, ne souhaitant pas donner l'impression de jouer la carte de la séduction.
Pourtant, elle attendait beaucoup... Elle attendait des regards, des sourires, des gestes tendres et des mots doux.

Elle les attendait, impatiemment mais savait qu'elle-même ne les donnerait pas. La situation était trop indécise, les circonstances trop aléatoires. Et l'interdit impossible à braver. Elle les envisageait sans les provoquer, les attendait non sans les craindre.

Lorsque qu'elle était arrivée sur les lieux du rendez-vous fixé quelques jours auparavant seulement, elle n'avait pas remarqué de suite la silhouette qui se balançait sur la rambarde du pont... Une main agrippée aux câbles tendus, les cheveux au vent, celle-ci ne semblait pas faire partie du décor. Décor qui avait pris une tournure tragique lorsque après un regard furtif et un « Je t'aime » lancé du bout des lèvres, la silhouette s'était écrasée quelques mètres plus bas, dans un bruit à peine voilé par le trafic.

Son c½ur, qui battait la chamade, s'était enfin apaisé, comme ses pleurs qui la défiguraient... Mais elle ne daigna desserrer les bars et lâcher le corps sans vie que lorsque l'agent de Police s'approcha d'elle en lui murmurant d'une voix fluette à en vomir un « C'est fini, vous devez la laisser maintenant » qui résonna dans sa tête tel l'écho d'une mort programmée.

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# Posté le mardi 14 avril 2009 10:36